Des participantes à une conférence organisée, jeudi à Rabat, ont plaidé pour la déconstruction des stéréotypes et des représentations associés aux femmes artistes, mettant en avant l’importance d’interroger les imaginaires afin de replacer la femme dans son rôle de sujet créateur.
Prenant part à cette rencontre placée sous le thème « Artistes-femmes, artistes féministes ? », dans le cadre du cycle de conférences « Décoloniser le féminisme » (2 avril – 11 juin), les panélistes se sont attelées à l’analyse de l’histoire de la représentation féminine dans l’univers artistique et au sein de la société, tout en examinant les moyens de déconstruire les stéréotypes liés à la création féminine au Maroc.
Intervenant à cette occasion, la directrice du Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain, Nadia Sabri, a mis l’accent sur l’importance de cette thématique qui doit être traitée « avec prudence et sans précipitation », rappelant que l’histoire de l’art orientaliste et colonial a longtemps façonné les représentations du corps féminin, notamment à travers la peinture et la photographie militaire, a rapporté l’agence de presse MAP.
Mme Sabri a, dans ce sens, évoqué, selon la même source, les enjeux liés à la réappropriation du corps féminin dans les pratiques artistiques contemporaines, notant que plusieurs artistes marocaines et maghrébines interrogent aujourd’hui cet héritage visuel et historique à travers leurs œuvres.
Pour sa part, Fadma Aït Mous, professeure-checheuse en sociologie à Université Hassan II de Casablanca, a estimé que le masculin a longtemps été érigé en norme universelle dans les champs artistique et esthétique.
« Les femmes ont souvent été confinées au rôle d’objet représenté, alors que les critères du beau et de la création ont été historiquement définis à partir d’un regard masculin et socialement dominant », a-t-elle fait remarquer.
De son côté, l’artiste-peintre et professeure universitaire, Khadija Tnana, s’est attardée sur la question de l’éducation des femmes et des contraintes sociales, notant que son expérience politique et artistique a constitué pour elle une forme de renaissance et d’affirmation de soi.
De même, elle a indiqué que son travail artistique s’inscrit ainsi dans une démarche artistique engagée, interrogeant les rapports de pouvoir entre les deux sexes et braquant les projecteurs sur les injustices et le caractère souvent tragique de la condition féminine.
Initié par le Centre de recherche HEM et le Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain, le cycle de conférences « Décoloniser le féminisme » a été inauguré par une conférence thématique portant sur « les féminismes et la géopolitique : Quelle prise de parole des féministes sur Gaza ».
Cette initiative est portée par la Chaire Fatema Mernissi et le groupe de réflexion sur le décolonial en Afrique du Nord, en partenariat avec la Fondation Heinrich Böll et la Fondation Nationale des Musées.
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