Une conférence-débat organisée, jeudi à Rabat, dans le cadre de la 7è édition des Journées portes ouvertes de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), a braqué les projecteurs sur les défis et risques liés à la gouvernance des postes-frontières, et ce en présence d’un parterre de responsables sécuritaires et experts.
Cette conférence, qui a réuni également des représentants de plusieurs institutions concernées par les questions de sécurité aux frontières, s’inscrit dans le cadre d’une série de rencontres organisées à cette occasion et visant à lancer un débat public et institutionnel sur les nouveaux défis sécuritaires liés à la gestion des infrastructures frontalières, dans un contexte marqué par l’évolution rapide des formes de criminalité transfrontalière.
Dans ce contexte, le commissaire divisionnaire Moulay Ismail Outaleb, chef de la zone de sûreté du port de Casablanca, a souligné que le Maroc, de par sa situation géographique stratégique et sa position au carrefour de la Méditerranée et de l’océan Atlantique, dispose d’un réseau intégré de 57 postes-frontières terrestres, maritimes et aériens, plaçant ses points de passage au cœur d’une dynamique régionale et internationale d’échanges et de circulation.
M. Outaleb a précisé que ces postes-frontières constituent des espaces stratégiques qui mettent en exergue l’importance des grands ports, notamment le port de Casablanca et celui de Tanger Med, en tant que plateformes centrales dans la gestion des flux commerciaux et de la circulation des voyageurs, avec les défis que cela implique en matière de sécurité et de sûreté.
Il a également souligné que la gestion des points de passage frontaliers s’inscrit dans le cadre d’une approche institutionnelle fondée sur la coordination entre les différents acteurs, notamment à travers le partage des moyens et l’échange d’informations en temps réel, ce qui renforce l’efficacité des dispositifs de contrôle et optimise les opérations de sécurité, tout en garantissant la fluidité de la circulation des personnes et des marchandises.
De son côté, le chef de la zone de sûreté de l’aéroport international Marrakech-Menara, le contrôleur général El Mustafa Lekkak, a souligné que la sécurisation des points de passage aériens repose sur un dispositif intégré englobant la protection des personnes, des infrastructures et des installations vitales, à travers des mesures opérationnelles garantissant une disponibilité permanente face aux différentes menaces et risques.
Il a indiqué que toute activité humaine est associée à un ensemble de risques qu’il convient d’identifier, d’analyser, d’évaluer, de traiter, de suivre et de gérer de manière continue, précisant que la sécurisation des postes-frontières repose, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sur un dispositif intégrant le contrôle des voyageurs et des bagages, le contrôle des accès aux différentes zones, ainsi qu’une veille permanente et une intervention rapide en cas de nécessité.
Il a ajouté que ces risques englobent les menaces sécuritaires liées au terrorisme, à la contrebande et à la cybercriminalité, ainsi que celles associées à l’immigration clandestine et à la traite des êtres humains, outre les risques sanitaires et économiques.
Pour sa part, le commissaire divisionnaire Fettah Abdelhak, chef du commissariat spécial de l’aéroport d’Agadir-Al Massira, s’est attardé sur la spécificité de la gestion des « grands événements » dans les postes-frontières aériens, soulignant que ces sites exigent une mobilisation globale des différents moyens organisationnels, sécuritaires, logistiques et technologiques, notamment lors des manifestations internationales et des périodes de forte affluence du trafic aérien.
Il a souligné que la gestion de ce type d’événements dans les postes-frontières aériens exige une planification rigoureuse, une coordination efficace et une grande capacité de réactivité face aux différentes situations opérationnelles, afin de garantir la sécurité des installations et des voyageurs, tout en assurant la fluidité des flux et la qualité des services fournis dans des contextes marqués par une forte pression opérationnelle.
Dans ce contexte, M. Abdelhak a souligné l’importance de la coordination entre les différents acteurs des services de sécurité, des douanes, de la santé et de l’administration, qu’il considère comme un pilier essentiel pour garantir une gestion efficace et harmonisée des risques et des défis liés aux aéroports.
De son côté, Safae Raddaf, cheffe du service de l’exploitation aéroportuaire à la Direction générale de l’aviation civile, a mis en évidence la différence entre les notions de sûreté et de sécurité dans le domaine de l’aviation civile, soulignant que le secteur du transport aérien demeure une cible des organisations terroristes en raison notamment de sa dimension internationale et de l’impact médiatique que cela peut engendrer.
Elle a, par ailleurs, souligné l’engagement du Maroc au sein du système international à travers la ratification des conventions pertinentes, au premier rang desquelles la « Convention de Chicago » de 1944, notamment ses annexes 17 et 9 relatives respectivement à la sûreté et aux facilités.
Mme Raddaf a précisé que ces textes constituent des références permettant d’harmoniser le langage opérationnel et les normes entre les différents professionnels à l’échelle mondiale, tout en faisant l’objet d’une évaluation continue par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), afin de garantir la conformité des dispositifs nationaux aux normes internationales.
Dans ce même contexte, elle a passé en revue les mécanismes de gouvernance et de contrôle de la qualité adoptés au niveau national, qui reposent sur l’évaluation permanente et l’anticipation des risques, ainsi que sur un investissement stratégique dans le capital humain.
Cette rencontre a été l’occasion de passer en revue les approches adoptées en matière de gestion des postes-frontières terrestres, maritimes et aériens, en mettant l’accent sur l’importance du recours aux technologies modernes et du renforcement de la coordination entre les différents intervenants, afin de concilier les impératifs de sécurité nationale et la fluidité de la circulation des personnes et des marchandises.
Les Journées Portes Ouvertes de la DGSN traduisent la volonté ferme de l’institution sécuritaire de renforcer les principes de proximité avec les citoyens et reflète l’engagement constant et résolu de la Direction générale à moderniser et améliorer le service public policier ainsi que la qualité de ses prestations, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Cette manifestation vise à soutenir l’ouverture de l’institution policière sur son environnement social, à informer le public de l’ensemble des missions assurées par les différentes unités et formations sécuritaires mobilisées à son service pour garantir sa sécurité, la protection de ses biens et le maintien de l’ordre public, ainsi qu’à présenter les équipements, matériels et moyens technologiques avancés mis à la disposition des services de sécurité.
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