Le rôle central de la famille dans la transmission et la pérennité de la langue amazighe à travers les générations a été mis en lumière, mercredi à Rabat, lors d’une conférence organisée par l’Institut Royal de la culture amazighe (IRCAM).
Animant cette rencontre placée sous le thème « La transmission intergénérationnelle de l’amazighe entre le Maroc et la Diaspora: étude de cas du tachelhit », la professeure à l’École supérieure d’éducation et de formation de l’université Mohammed Premier (UMP) à Oujda, Radia Sami, souligné qu’au-delà des acquis institutionnels importants réalisés, la contribution de la famille à la continuité de cette langue maternelle demeure essentielle, a indiqué l’agence de presse MAP.
S’appuyant sur ses recherches dans les régions du Souss et d’Île de France, la chercheuse a relevé que les pratiques linguistiques au sein des familles amazighophones constituent le facteur déterminant dans la préservation du patrimoine culturel national auprès des générations successives aussi bien au Maroc qu’à l’étranger.
Le statut actuel de l’amazighe, notamment depuis la Constitution de 2011 et son intégration dans le système d’éducation et de formation en 2003, ainsi que la célébration du Nouvel An amazigh comme fête nationale, a renforcé la visibilité de l’alphabet « Tifinagh » dans la sphère publique, l’érigeant ainsi en chantier institutionnel pour l’ensemble de la société, a-t-elle estimé, selon la MAP.
Au niveau des pratiques de terrain, la conférencière a fait savoir que l’échantillon interrogé dans le cadre de son travail académique adopte trois stratégies principales dans son rapport à la langue: la « préservation stricte » à travers l’usage exclusif de l’amazighe, la « stratégie compensatoire » via les jeux et supports médiatiques et enfin la « stratégie de rupture », parfois dictée par des considérations d’utilité linguistique.
Faisant état d’une amélioration notable des représentations et perceptions liées à l’amazighe en tant que langue et culture, grâce aux acquis cumulés au cours des deux dernières décennies, Mme Sami a souligné l’engouement croissant pour le partage de cet alphabet sur les réseaux sociaux et la valorisation des éléments identitaires, tels que le costume, la gastronomie et les bijoux traditionnels.
Ont été présents à cette conférence le recteur de l’IRCAM, Ahmed Boukous, ainsi qu’un parterre d’universitaires, de chercheurs et d’acteurs du monde culturel amazigh.
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