La Banque européenne d’investissement (BEI), en tant que banque de l’Union européenne (UE), est « pleinement » engagée pour traduire en actions concrètes les priorités du partenariat Maroc-UE, a affirmé, mardi à Rabat, Adrien de Bassompierre, chef de la représentation de la BEI au Maroc.
« Les 740 millions d’euros (M€) de financements signés en 2025, le niveau le plus élevé enregistré depuis 2012, illustrent notre mobilisation en faveur de la résilience, de la transition énergétique, de la sécurité de l’eau et de la reconstruction post-séisme d’infrastructures essentielles », a dit M. de Bassompierre lors d’une conférence de presse de la Délégation de l’UE au Maroc et de la BEI, consacrée à la présentation du bilan de l’année 2025 et des principales priorités et perspectives pour 2026.
D’après lui, cette dynamique contribue à un développement durable et inclusif au bénéfice des citoyens, dans le cadre d’une coopération étroite entre le Maroc et l’UE.
De son côté, l’ambassadeur de l’UE au Maroc, Dimiter Tzantchev, a souligné « le Maroc demeure un partenaire clé de l’Union européenne dans son voisinage sud et l’un des principaux bénéficiaires de nos financements dans la région Afrique du Nord – Moyen-Orient ».
Cette coopération de long terme repose sur une confiance mutuelle et des intérêts communs, a-t-il fait valoir, ajoutant que l’UE, forte des avancées du dernier Conseil d’association, entend poursuivre et approfondir ce partenariat, notamment à travers le nouveau pacte pour la Méditerranée et l’initiative « Global Gateway » afin de soutenir des projets structurants et porteurs d’opportunités concrètes.
Les opérations, effectuées en 2025 par la BEI, via BEI Monde, sa branche dédiée aux opérations hors de l’UE, appuient des investissements structurants dans des secteurs essentiels pour la résilience économique, sociale et climatique du Royaume, en étroite coordination avec les autorités marocaines et la délégation de l’UE au Maroc.
Les financements signés par la Banque au Maroc se répartissent principalement sur trois secteurs, notamment au titre de l’initiative « Global Gateway », la stratégie de l’UE visant à mobiliser des investissements durables dans des infrastructures stratégiques, dans une logique de partenariat fondé sur la confiance et l’intérêt mutuel.
Dans le secteur de l’eau, la BEI a accordé un financement de 70 M€ à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) – Branche Eau pour moderniser les infrastructures de production et de transport d’eau potable.
Cette opération, soutenue par la garantie de l’UE, contribue au renforcement de la sécurité hydrique, notamment dans les petites et moyennes villes ainsi que dans les zones rurales, et s’inscrit dans le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI).
Dans le domaine de l’énergie, la BEI a signé un prêt de 170 M€ avec l’ONEE – Branche Électricité, bénéficiant également de la garantie de l’UE, pour renforcer et moderniser le réseau national de transport d’électricité.
L’opération soutient l’intégration de nouvelles capacités renouvelables et accroît la capacité du réseau à acheminer l’électricité produite. Elle accompagne l’ONEE dans son rôle de gestionnaire du système et renforce la résilience du réseau face à la hausse de la demande et aux aléas climatiques. Enfin, la BEI a consacré 500 M€ à la reconstruction post-séisme dans les régions touchées par le tremblement de terre du 8 septembre 2023. Ces financements, qui constituent la seconde tranche du programme global d’un milliard d’euros, portent sur la réhabilitation des infrastructures routières, des établissements d’éducation et des infrastructures de santé.
Ils soutiennent le rétablissement de l’accès aux services publics essentiels et la reprise des activités économiques locales, tout en contribuant au développement et au désenclavement durable des provinces concernées.
Par ailleurs, en 2025, les décaissements de la BEI au Maroc ont atteint 210 M€, à savoir 180 M€ dans le secteur public et 30 M€ dans le secteur privé. Ces décaissements incluent notamment un financement en faveur du groupe de la Banque Populaire, réalisé dans le cadre du programme de l’UE pour les échanges commerciaux et la compétitivité, visant à renforcer les chaînes de valeur exportatrices dans trois secteurs clés pour le Maroc (l’automobile, le textile et l’agroalimentaire).
En 2026, la BEI compte poursuivre son appui à des investissements structurants au Maroc, axés sur la modernisation des infrastructures, l’accès à l’eau, la transition énergétique, le développement territorial post-séisme et le soutien au secteur privé.
Cette rencontre, à laquelle ont également pris part le chef de section Commerce, Paul-Henri Presset, et la cheffe de section Développement social et Cohésion territoriale, Lise Paté, intervient dans un contexte politique marqué par la tenue, le 29 janvier dernier à Bruxelles, du 15ème Conseil d’Association Maroc-UE.
Durant ce Conseil d’Association, l’UE et le Maroc ont réaffirmé leur volonté commune de renforcer une relation riche multidimensionnelle, fondée sur un dialogue politique étroit, ainsi qu’une coopération renforcée dans les domaines d’intérêts communs économiques, sociaux et environnementaux.
Partenaire incontournable et stratégique de premier plan de l’UE dans son voisinage méridional, le Maroc partage une vision commune avec l’UE fondée sur la coopération, la stabilité et le développement durable. Cet engagement commun constitue un cadre crucial pour répondre conjointement aux grands défis régionaux et globaux actuels.
Le partenariat UE-Maroc s’appuie sur une coopération technique et financière ambitieuse qui s’est manifestée par un montant total de financements de 3,5 milliards de dirhams en 2025.
Cette coopération se traduit notamment par un engagement mutuel autour des grandes réformes et chantiers structurants engagés par le Maroc. Elle s’incarne aussi dans l’appui à différents domaines clés et d’intérêts tels que l’éducation et la formation, le secteur de la justice et les droits humains, le financement des investissements publics (eau, énergie, transport) et privés, la jeunesse et la culture, le développement territorial, l’égalité femmes-hommes, l’appui à la société civile et la transition écologique, avec une attention particulière portée à l’impact pour les territoires et citoyens.
Sur le volet commercial, depuis l’entrée en vigueur de l’Accord d’association en mars 2000, les échanges bilatéraux ont été multiplié par cinq, atteignant un niveau historique de 649 milliards de dirhams en 2024 (60,6 milliards d’euros). Aujourd’hui, le Maroc demeure le premier partenaire commercial africain de l’UE, tandis que cette dernière demeure le premier partenaire du Royaume.
Plus des deux tiers des exportations marocaines sont destinées au marché européen, tandis que plus de la moitié des importations du Maroc proviennent de l’UE. Ce partenariat économique, qui génère croissance, emploi et stabilité de part et d’autre de la Méditerranée, constitue un levier structurant de développement partagé.
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