L’ouvrage collectif « Brèches du sens: écritures contre la corruption », publié par l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), a été présenté vendredi au siège de l’Institut national supérieur de musique et des arts chorégraphiques (INSMAC) à Rabat.
Cet ouvrage, auquel ont contribué une pléiade d’écrivains et d’intellectuels marocains, s’inscrit dans le cadre d’une initiative lancée par l’Instance en vue d’élargir les horizons de la réflexion collective autour de la lutte contre la corruption, à travers une ouverture sur le champ culturel et l’implication des écrivains et créateurs en tant qu’acteurs de la conscience collective.
L’organisation de cette rencontre intervient également dans le contexte des études et recherches de terrain menées par l’Instance pour diagnostiquer l’état de la corruption, en cerner l’ampleur et formuler des solutions destinées à accompagner les institutions, a indiqué l’agence de presse MAP.
À cette occasion, le président de l’INPPLC, Mohamed Benalilou, a indiqué, dans une déclaration à la presse, que l’institution ouvre aujourd’hui un nouveau chantier qui revêt une importance particulière en matière de prévention et de lutte contre la corruption.
Cette approche ne se limite pas à la rédaction de rapports ni à l’adoption de recommandations et de statistiques, mais s’étend au champ de la pensée et de la conscience collective, fondement d’une nouvelle culture anti-corruption, a-t-il précisé, soulignant l’importance d’associer l’intellectuel et l’artiste à cette réflexion.
De son côté, l’écrivain et journaliste Abdelaziz Gougas a insisté sur l’importance de la « déconstruction symbolique » de la corruption, estimant qu’elle ne se manifeste pas uniquement à travers des comportements isolés, mais constitue une « structure profonde ».
Il a également salué cette initiative qui réunit romanciers, écrivains, intellectuels, poètes et journalistes au sein d’une institution officielle dédiée à la probité et à la lutte contre la corruption.
Pour sa part, l’autrice et chercheuse Touria Majdouline a considéré que la corruption est une question complexe et multidimensionnelle qui ne peut être combattue uniquement par des lois et des mesures administratives répressives, appelant à une reconfiguration de la conscience sociale.
Le silence face à la corruption constitue une forme de participation à celle-ci, a-t-elle affirmé, assurant que l’école, l’université, les médias et le cinéma sont tous appelés à contribuer à l’ancrage des valeurs de mérite et d’intégrité.
L’ouvrage « Brèches du sens: Écritures contre la corruption » ambitionne de contribuer à l’élaboration d’un nouveau discours sur la probité, à travers des approches intellectuelles et littéraires critiques dépassant le traitement technique et conventionnel de la corruption. Il affirme que la lutte contre ce fléau ne relève pas uniquement de procédures administratives, mais constitue un projet sociétal nécessitant la mobilisation de la conscience collective, l’activation du rôle de la culture dans la formation du citoyen et l’ancrage des valeurs de justice et de transparence.
Il vise également à élargir le débat public entre les différents acteurs et à l’alimenter par des données et analyses rigoureuses, contribuant ainsi au renforcement des efforts nationaux en matière de lutte contre la corruption.
De format moyen (120 pages), ce livre, dont une version électronique sera mise en ligne sur le site de l’Instance, rassemble les contributions de 24 auteurs.
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