Fidèle à son ancrage africain et à son attachement profond à la culture comme vecteur de développement, le Maroc place le patrimoine matériel et immatériel au cœur de ses politiques publiques, a affirmé, mercredi à Addis-Abeba, l’ambassadeur du Royaume en Éthiopie et à Djibouti, Nezha Alaoui M’hammdi.
Sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc a constamment œuvré pour la valorisation du patrimoine africain, la promotion des industries culturelles et créatives et le renforcement de la coopération culturelle Sud–Sud, a souligné la diplomate, qui intervenait à l’ouverture d’une table ronde sur le thème « restitution et droits culturels en Afrique”, organisée à l’initiative de l’ambassade du Royaume en Éthiopie en collaboration avec l’OIF et l’UNESCO.
Elle a relevé que la restitution est un levier de connaissance, de dialogue et de renaissance culturelle, et non une source de division, rappelant l’accueil, à Rabat, de l’exposition béninoise consacrée à l’art et à la restitution en 2023, ainsi que l’engagement du Maroc au sein des cadres normatifs africains et internationaux qui traduisent cette conviction.
La restitution n’est plus uniquement perçue comme une revendication symbolique ou morale, mais elle s’impose désormais comme un droit culturel fondamental, intimement lié au droit à la mémoire, au récit historique et à l’identité des peuples africains, afro-descendants et les Amérindiens, a-t-elle enchaîné.
Mme Alaoui M’hammdi a aussi indiqué que la restitution ne peut être dissociée d’une vision globale de justice réparatrice, soutenant qu’il s’agit d’un acte de reconnaissance, de responsabilité et de projection vers l’avenir, notamment pour les jeunes générations africaines et afro-descendantes.
Cependant, une restitution crédible ne peut être improvisée, a expliqué la diplomate, mettant l’accent sur l’importance de cadres juridiques solides, de mécanismes de protection adaptés, et d’une coopération muséale équitable et durable.
Pour sa part, Nefertiti Mushiya Tshibanda, Représentante Permanente de l’OIF auprès de l’UA et de la CEA a souligné que cette table ronde a pour objectif d’avoir un regard croisé entre l’Afrique et les Amériques, et de positionner la restitution comme un droit culturel essentiel, au cœur d’une justice réparatrice partagée entre l’Afrique et les Amériques, rappelant que la culture est au cœur du mandat de l’OIF, depuis sa création.
Convaincue du rôle déterminant de la culture pour le développement durable, la Francophonie poursuit plusieurs objectifs : favoriser l’émergence d’un véritable marché de produits culturels par la professionnalisation des filières, dans les pays d’Afrique francophone en particulier, soutenir la mise en place de politiques favorables à la diversité des expressions et, enfin, promouvoir le dialogue des cultures, a-t-elle dit.
De son côté, la directrice du bureau de liaison de l’UNESCO auprès de l’UA et de la CEA, Rita Bissoonauth a indiqué que l’organisation onusienne considère que la restitution s’inscrit pleinement dans le cadre des droits culturels fondamentaux, en particulier le droit des peuples à accéder à leur histoire et à leurs expressions culturelles, notant que « restituer, c’est restaurer un lien rompu, nourrir la transmission intergénérationnelle et renforcer la cohésion sociale ».
Les biens culturels ne sont pas de simples objets, a-t-elle soutenu, précisant que ce sont des témoins vivants de l’histoire, de la spiritualité et de l’identité des peuples.
Leur éloignement prolongé a fragmenté la mémoire et altéré la capacité de nombreuses sociétés africaines et afro-descendantes à se raconter elles-mêmes, a-t-elle dit, relevant que la restitution devient alors un acte de justice, mais aussi un acte de guérison et de reconstruction identitaire.
Cette table ronde a été marquée par un débat interactif sur les nouvelles formes de coopération et de restitution avec la participation de plusieurs diplomates accrédités à Addis-Abeba, ainsi que par une intervention de la commissaire de l’UA pour la santé, les affaires humanitaires et le développement social, Amma Twum-Amoah sur l’action de l’organisation panafricaine en matière de restitution et droits culturels en Afrique.
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