La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Maroc-2025 a constitué un jalon stratégique majeur tant pour le football africain que pour la trajectoire du Royaume vers l’échéance de la Coupe du Monde 2030, a affirmé Samir Bhattacharya, Associate Fellow au sein du think tank indien The Observer Research Foundation (ORF).
Organisée du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, la CAN Maroc-2025 a été « hautement efficace, stratégiquement significative et largement réussie, à la fois en tant que compétition sportive et comme répétition générale » en vue de la co-organisation de la Coupe du Monde 2030, a souligné M. Bhattacharya dans une interview accordée à l’agence de presse MAP.
Sur le plan organisationnel, la performance du Maroc a été largement saluée, a indiqué l’expert, soulignant que le tournoi a été globalement perçu comme « maîtrisé » et « rigoureusement exécuté », faisant office de test grandeur nature de l’état de préparation des stades, des systèmes de transport et des infrastructures numériques.
M. Bhattacharya, qui est spécialiste des questions géopolitiques avec un accent particulier sur l’Afrique, a mis en avant, à cet effet, l’impact du train à grande vitesse Al Boraq, plébiscité tant par les équipes que par les supporters.
Il a estimé que la CAN a également joué un rôle d’accélérateur dans la livraison de projets structurants, illustrant l’effet catalyseur des grands événements sportifs sur le développement des infrastructures.
« Les normes logistiques ont atteint des niveaux sans précédent pour la CAN », a-t-il souligné, relevant notamment la mise à disposition d’installations d’entraînement dédiées pour les 24 équipes participantes ainsi que l’établissement de camps de base dans des hôtels cinq étoiles, une première dans l’histoire de la compétition.
Cinq des six stades appelés à accueillir la Coupe du Monde 2030 ont « été testés avec succès en conditions réelles de compétition, démontrant des infrastructures de classe mondiale », a-t-il dit. Le sixième, le Grand Stade Hassan II, encore en cours de construction, incarne « l’ambition du Maroc à la hauteur des standards mondiaux ».
Par ailleurs, M. Bhattacharya a souligné que le tournoi a marqué un tournant décisif sur le plan financier, avec des revenus qui ont progressé d’environ 90%, accompagnés d’une hausse significative du nombre de sponsors.
« Au-delà des retombées économiques, la CAN 2025 a ainsi renforcé l’image internationale du Maroc, positionnant le pays comme un hôte crédible d’événements sportifs mondiaux et un pôle émergent du football africain », a-t-il indiqué.
Sur le plan sportif, le parcours des Lions de l’Atlas peut être considéré comme une réussite malgré la défaite en finale, a relevé l’expert, affirmant que le tournoi a surtout confirmé la « solidité de la stratégie marocaine de développement du football sur le long terme ».
À cet égard, il a rappelé les performances récentes des sélections nationales, notamment la quatrième place historique obtenue lors du Mondial 2022, le sacre de la Coupe du Monde masculine U-20 en 2025, ainsi que la qualification de l’équipe nationale féminine pour les huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2023.
Ces résultats, a-t-il soutenu, sont le fruit d’investissements soutenus dans l’Académie Mohammed VI de football, de la modernisation des infrastructures, du développement du football féminin et de l’intégration progressive de la diaspora marocaine au sein des équipes nationales.
Tout en considérant que l’organisation de méga-événements implique inévitablement des coûts élevés et des défis logistiques, M. Bhattacharya a fait valoir que « l’expérience marocaine illustre la capacité du sport à servir des objectifs culturels, diplomatiques et stratégiques à long terme ».
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