La deuxième édition du Festival des « Andalousies de la Méditerranée », célébrant le patrimoine, l’identité et le vivre-ensemble culturel, s’est ouverte ce jeudi à Tétouan, en mettant en lumière la richesse du patrimoine civilisationnel andalou de la « la Colombe Blanche ».
Organisé par la Fondation Abdelkader Sedraoui en partenariat avec des acteurs locaux et institutionnels, le festival a débuté par une conférence de l’écrivain Kaiss Ben Yahya sur le thème « Les valeurs du vivre-ensemble dans la ville de Tétouan ». Étaient présents à cet événement M. André Azoulay, conseiller de Sa Majesté le Roi et président fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, M. Abderazak Mansouri, gouverneur de la province de Tétouan, ainsi que diverses personnalités du monde culturel, universitaire et associatif.
Dans ce contexte, Kaiss Ben Yahya a souligné que le patrimoine national constitue l’un des plus anciens dialogues civilisationnels et humains entre le passé, le présent et l’avenir, précisant que « le patrimoine ne se limite pas aux vestiges archéologiques ou aux édifices anciens que l’on peut simplement restaurer, il s’agit plutôt d’un système vivant qui transcende la dimension matérielle pour transmettre des valeurs, des visions humaines et des modes de vie à travers les générations ».
Il a insisté sur le fait que la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI place le patrimoine et le capital immatériel au cœur du capital national et du développement durable, expliquant que le Maroc, grâce aux Hautes orientations Royales, démontre sa capacité exceptionnelle à faire du pluralisme culturel et de la diversité identitaire, qui conjuguent les affluents amazigh, arabe, islamique, andalou, hébraïque, hassani, africain et méditerranéen, une source de richesse et de force pour consolider une identité nationale ouverte à la modernité et à la créativité.
Évoquant la spécificité historique de Tétouan, M. Ben Yahya a souligné que la civilisation andalouse y est bien plus qu’un souvenir glorieux : elle est une réalité quotidienne qui se manifeste dans son architecture, ses arts, sa musique, sa gastronomie et dans les détails de son mode de vie.
Il a fait remarquer que la préservation de la médina de Tétouan, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, exige de se concentrer autant sur ses habitants et la protection de leur mémoire collective que sur ses bâtiments et monuments, car le véritable trésor réside dans l’humain qui perpétue les traditions et transmet les savoir-faire.
M. Ben Yahya a plaidé pour que le patrimoine devienne un véritable moteur de développement économique, social et touristique, en encourageant l’innovation chez les jeunes et en soutenant les artisans et artistes. Il a insisté sur le fait que « le véritable défi consiste non seulement à préserver le patrimoine, mais aussi à protéger sa capacité à engendrer la vie ».
Le patrimoine est un héritage et une responsabilité historique qui doivent être transmis aux générations futures avec un esprit créatif, afin de renouveler l’héritage de nos ancêtres, a plaidé M. Ben Yahya, soulignant l’importance du festival des « Andalousies de la Méditerranée », qui illustre parfaitement les échanges culturels et la coexistence humaine ayant caractérisé le Maroc à travers l’histoire.
Il a enfin appelé à poursuivre les efforts pour faire du patrimoine culturel marocain une force motrice pour construire l’avenir, incarnant ainsi la noble vision Royale qui prône la conciliation de l’authenticité et du renouveau.
De son côté, Mme Hafida Sedraoui, présidente de la Fondation Abdelkader Sedraoui, a affirmé que cette édition, organisée dans le cadre des célébrations de Tétouan comme Capitale de la Culture et du Dialogue en Méditerranée 2026, confirme la vocation du festival en tant que projet culturel et social valorisant les principes de coexistence et de dialogue interculturel dont la ville de Tétouan a été un exemple au fil des siècles.
Elle a ajouté que le festival est ouvert à tous ceux qui croient que la beauté est un message, le patrimoine une force et la solidarité un devoir. Elle a souligné que les activités prévues dans le cadre de cet événement s’étendent aux quartiers, ruelles, places et espaces ouverts de la médina, se disant convaincue qu’un véritable festival est celui qui marque durablement les esprits.
Le président de l’Université Abdelmalek Essaadi, Bouchta El Moumni, a déclaré, quant à lui, que ce festival est l’occasion de célébrer la mémoire collective et le patrimoine culturel et artistique cultivé au fil des siècles entre les deux rives de la Méditerranée. Il a expliqué que Tétouan n’est pas seulement un espace géographique et une ville remarquable par sa beauté architecturale et sa culture, mais bien une mémoire vivante et un espace historique de coexistence et d’ouverture. Au fil des siècles, elle a tissé une identité culturelle plurielle et a véhiculé un message de dialogue et de coexistence.
M. El Moumni a également évoqué le rôle de l’université au service de son environnement culturel et social à travers la recherche culturelle, la production de connaissances, la valorisation du patrimoine, sa réinterprétation et sa redécouverte sous un jour nouveau, et sa transmission aux générations futures.
Le programme de cette édition comprend de grandes soirées andalouses au Teâtre Espagnol, avec des artistes de renom tels que le groupe Mohamed Larbi Temsamani, dirigé par le Maestro Mohamed El Amine El Akrami, et le groupe de Hadra de Chefchaouen, dirigé par l’artiste Rahoum El Baqqali. Le groupe de musique andalouse de Tétouan, dirigé par l’artiste Fahd Benkiran, se produira également, avec la participation des artistes Bajdoub, Zainab Afellal et Bilal El Hawaj.
Une exposition de l’artiste Said Habicha sera inaugurée au siège de la Délégation du tourisme et une cérémonie spéciale sera organisée pour proclamer le 28 août «Journée annuelle de célébration du costume traditionnel de Tétouan».
Le programme inclut également des activités parallèles, telles que des tournées folkloriques locales, des ateliers de peinture et de poterie traditionnelles, ainsi qu’un défilé de costumes traditionnels, partant de la place Moulay El Mehdi et se dirigeant vers la place El Faddan. Par ailleurs, des initiatives sociales et de développement seront mises en place pour nettoyer, embellir et illuminer les monuments historiques et les vieux quartiers de la ville.
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