Célébrée le 21 mars de chaque année, la Journée internationale des forêts constitue une occasion propice pour rappeler l’importance des forêts en tant que levier majeur du développement durable, au regard de leur rôle central dans le soutien de l’activité économique, la préservation des équilibres écologiques et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Placée cette année sous le thème « Les forêts et les économies », cette journée met en lumière la contribution déterminante des ressources forestières à la prospérité économique, tout en offrant l’opportunité de valoriser la richesse et la diversité des écosystèmes forestiers et de sensibiliser à l’importance de leurs fonctions écologiques, économiques et sociales, a indiqué l’agence de presse MAP.
Au Maroc, le secteur forestier s’impose comme un levier stratégique. Couvrant près de 12% du territoire national, les forêts assurent à la fois la fourniture de produits ligneux et non ligneux et la prestation de services écosystémiques essentiels, notamment la protection des sols, la régulation des ressources hydriques, la séquestration du carbone et la préservation de la biodiversité, a souligné la même source.
Selon les chiffres de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), le secteur contribue à près de 1,5% du PIB national et jusqu’à 10% du PIB agricole, avec une valeur marchande directe estimée à près de 17 milliards de dirhams par an.
Toutefois, cette contribution ne reflète qu’une partie de la valeur réelle de la forêt. Le directeur général de l’ANEF, Abderrahim Houmy, a confié, dans un entretien à la MAP, que « la contribution du secteur forestier dépasse largement la seule dimension marchande. Elle intègre également une valeur sociale, à travers les revenus, les emplois et les moyens de subsistance qu’elle procure à des millions de citoyens ».
Elle revêt aussi une valeur environnementale, liée aux services écosystémiques essentiels qu’elle rend gratuitement à la collectivité, notamment en matière de régulation hydrique, de lutte contre l’érosion, de stockage du carbone et de préservation de la biodiversité, a-t-il relevé.
Dans cette veine, il a indiqué que la forêt doit être appréhendée comme un véritable capital naturel stratégique, dont la valeur globale dépasse largement les seuls flux économiques mesurables. Pour traduire cette vision dans les faits, le responsable a rappelé que l’action de l’ANEF s’inscrit dans une logique d’équilibre entre valorisation économique et préservation des écosystèmes, conformément à la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 ».
Ainsi, les priorités de l’Agence portent notamment sur la structuration des filières, le développement de la transformation locale pour créer davantage de valeur ajoutée dans les territoires, le renforcement de la gestion participative avec les populations riveraines, la restauration des écosystèmes forestiers et la modernisation de la gouvernance du secteur, notamment à travers la digitalisation.
Plusieurs acquis illustrent cette dynamique, dont la gestion participative qui a été significativement renforcée, avec plus de 320 coopératives et groupements d’intérêt économique regroupant près de 19.000 adhérents, ainsi que les partenariats développés avec ces structures, qui ont permis de générer un chiffre d’affaires d’environ 92 millions de dirhams en 2024, contribuant à l’amélioration des revenus des populations locales.
Pour M. Houmy, la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 » constitue le cadre de référence pour moderniser le secteur forestier et renforcer son impact économique, social et environnemental. Elle ambitionne de faire de la forêt un moteur de création de valeur et d’emplois, tout en garantissant la durabilité des ressources.
Parmi ses objectifs figurent l’augmentation du rythme de reboisement pour atteindre 100.000 hectares par an, la création de milliers d’emplois dans les filières forestières et écotouristiques, ainsi que le doublement de la valeur marchande de la forêt marocaine, qui devrait atteindre près de 5 milliards de dirhams à l’horizon 2030.
Pour y parvenir, la stratégie s’appuie sur plusieurs leviers structurants, notamment le développement de chaînes de valeur autour des produits forestiers, la promotion de la transformation locale, le renforcement de la participation des populations locales, ainsi que la mise en place de concessions forestières productives sur une superficie potentielle de 120.000 hectares, a-t-il soutenu.
La stratégie prévoit, par ailleurs, une modernisation en profondeur du secteur, à travers la digitalisation des processus de gestion et le renforcement de la traçabilité des produits forestiers.
En somme, le modèle marocain en matière de gestion des ressources forestières repose sur une vision intégrée et ambitieuse : faire de la forêt un espace productif, inclusif et durable, au service du développement économique, de la cohésion sociale et de la préservation du patrimoine naturel national.
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