jeudi , 3 septembre 2026

Lakjaâ défend les limites de sa responsabilité dans l’importation de moutons et appelle à débloquer les projets en souffrance dans l’Oriental

Fouzi Lakjaâ, ministre délégué chargé du Budget auprès de la ministre de l’Économie et des Finances et membre du bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM), a défendu son engagement politique au sein du « BAM », s’interrogeant sur les raisons qui font de l’exercice de la politique par un citoyen une source d’inquiétude pour certains, et s’étonnant que les éloges qui lui étaient adressés avant son adhésion au parti se soient mués en critiques directes après son engagement partisan.

S’exprimant ce jeudi 3 septembre, lors d’une rencontre organisée par le PAM dans la province de Berkane, en présence de cadres, ministres et adhérents du parti venus de différentes provinces de la région de l’Oriental, Lakjaâ a affirmé que son attachement à cette région faisait, selon lui, dépasser le débat sur ses enjeux de développement les seules considérations partisanes, insistant sur son attachement à la région et sa défense de ses besoins.

Il est revenu sur plusieurs projets ayant nécessité des années avant leur concrétisation, citant en exemple le complexe culturel de Berkane et l’hôpital régional, malgré la disponibilité des crédits budgétaires alloués — estimant que le traitement des causes du retard des projets devrait occuper une place prioritaire dans l’action du prochain gouvernement.

Le membre du bureau politique du PAM a insisté sur la nécessité de distinguer entre l’allocation des crédits budgétaires et la responsabilité directe dans l’exécution des projets, en référence au débat qui a accompagné la gestion de plusieurs chantiers publics.

Dans le même contexte, Lakjaâ a répondu à la polémique liée à l’imputation de la responsabilité de l’importation de moutons, demandant : « Dites-vous que j’étais partie prenante dans l’importation des moutons ? », soulignant la nécessité de distinguer entre le financement budgétaire et les décisions exécutives relevant des départements gouvernementaux concernés.

Ces propos s’inscrivaient dans sa réponse aux critiques visant certains programmes de soutien et d’importation, affirmant que la détermination des responsabilités exige de se référer aux attributions de chaque secteur au sein du gouvernement, sans réduire l’ensemble des opérations exécutives au seul ministère du Budget.

Le même responsable gouvernemental a estimé que les citoyens peinent à comprendre pourquoi un projet financé au budget reste bloqué pendant des années, affirmant que de telles difficultés nécessitent un traitement gouvernemental garantissant la transformation des crédits alloués en projets concrètement réalisés.

Fouzi Lakjaâ a par ailleurs évoqué les investissements dont a bénéficié la région de l’Oriental, plaçant les projets structurants liés aux ports et aux infrastructures — au premier rang desquels le projet de Nador West Med — parmi les chantiers capables de faire évoluer la position économique de la région.

Il a souligné que l’étendue du territoire régional et la diversité de son relief imposent une approche de développement tenant compte des spécificités de chaque province, de Berkane et Saïdia à Nador et au littoral méditerranéen, appelant à transformer les atouts naturels et touristiques en investissements ayant un impact direct sur l’emploi et le revenu des jeunes.

Il a considéré que le littoral méditerranéen du Royaume dispose d’atouts touristiques importants qui nécessitent encore un investissement plus soutenu, appelant à donner la priorité aux projets capables de dynamiser l’économie locale et à lier l’investissement à la création d’emplois pour les jeunes de la région, plutôt que de se contenter de lancer des chantiers sans en mesurer l’impact économique et social.

Sur le plan politique, le membre du bureau politique du PAM a appelé à privilégier les programmes et les chiffres plutôt que d’épuiser le débat dans la « polémique » et les surenchères marginales, affirmant que le Parti authenticité et modernité a présenté un programme électoral intégré alliant investissement, croissance économique et réponse aux problématiques sociales des citoyens — au premier rang desquelles la cherté de la vie, la baisse du pouvoir d’achat, et les situations de la santé et de l’éducation.

Il a ajouté que la mise en œuvre des engagements du PAM nécessite la mobilisation de crédits supplémentaires avoisinant 70 milliards de dirhams par an, précisant que le parti a présenté une vision sur la manière de financer et d’exécuter ces engagements, considérant que le programme constitue un contrat entre le PAM et les citoyens, et que le véritable enjeu réside dans la transformation des promesses en mesures exécutables et clairement financées.

Fouzi Lakjaâ a insisté sur la poursuite de sa présence politique au sein de la région de l’Oriental et sa défense de ses priorités, estimant que l’évaluation des partis et des responsables doit être liée à leur capacité à proposer des solutions concrètes aux citoyens et à exécuter les programmes, loin des batailles politiques incapables d’apporter des réponses aux questions de l’emploi, de l’investissement, du pouvoir d’achat, de la santé et de l’éducation.

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