Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) a présenté, à travers un dossier de presse, les grandes lignes de son programme en vue des élections législatives de septembre 2026. Le parti y expose une offre politique structurée autour de cinq « Pactes » déclinés en 20 engagements, avec l’ambition affichée de réorienter les politiques publiques face aux transformations géopolitiques, économiques, technologiques et climatiques que traverse le pays.
Dans son communiqué, le PAM revendique le bilan qu’il a assumé au sein de plusieurs départements ministériels et reconnaît des acquis engrangés durant la législature écoulée, notamment la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire, l’aide sociale directe, l’aide au logement, la revalorisation des salaires et les investissements dans les infrastructures. Il estime toutefois que ces avancées n’ont pas suffi à résorber les difficultés persistantes des citoyens, pointant en particulier la dégradation du pouvoir d’achat, la hausse du coût de la vie, les difficultés d’accès à certains services publics, le chômage des jeunes, ainsi que des situations de rente et de conflits d’intérêts. Le parti en tire une ambition de rupture, résumée par trois principes : changer de cap, la clarté de l’engagement et la capacité d’agir.
Le programme s’articule ainsi autour de cinq priorités, présentées comme le socle d’un équilibre social fondé sur l’égalité des droits et des devoirs. Le Pacte du pouvoir d’achat vise à agir sur les prix, la concurrence et la transparence des marchés. Le Pacte de l’intégration des jeunes place l’éducation, la formation et l’emploi décent au cœur de l’action publique. Le Pacte de la citoyenneté porte sur les services essentiels que sont la santé, l’éducation, le logement et le numérique. Le Pacte de la souveraineté stratégique est consacré à la sécurité énergétique, hydrique, alimentaire, scientifique et technologique du Royaume. Enfin, le Pacte de la croissance et de la durabilité est présenté comme la condition du financement et de la pérennité de l’ensemble des engagements.
Chaque pacte se décline en engagements précis. Sur le pouvoir d’achat, le PAM promet de ramener les prix des produits de première nécessité à leur niveau normal, d’instaurer la gratuité de la facture d’électricité jusqu’à 100 dirhams par mois, de réduire l’impôt sur le revenu salarial, de garantir qu’aucune pension de retraite ne soit inférieure à 3 000 dirhams, et de porter l’aide sociale directe à un minimum de 1 000 dirhams. Sur l’intégration des jeunes, le parti propose un « Parcours d’insertion » pour chaque jeune NEET, un principe de « zéro abandon scolaire sans solution alternative », l’acquisition d’une compétence assortie d’un premier contrat de travail pour chaque jeune, l’amélioration des conditions de travail, ainsi qu’un fonds public destiné à faciliter l’accès des jeunes au logement locatif. Le Pacte de la citoyenneté prévoit pour sa part un hôpital public plus compétitif, la création d’au moins un million d’emplois nets durant le mandat, une école publique recentrée sur sa mission d’éducation et de préparation à l’avenir, 500 000 familles bénéficiaires d’un logement décent, l’égalité d’accès aux services numériques et l’accélération de l’officialisation de la langue amazighe. Le Pacte de la souveraineté stratégique, enfin, repose sur quatre engagements structurants touchant à la sécurité énergétique, hydrique, alimentaire et scientifico-technologique.
Le dossier de presse avance plusieurs objectifs chiffrés à l’horizon 2031. Le PAM propose une réforme fiscale ramenant le barème de l’impôt sur le revenu à trois tranches, avec un taux marginal maximal de 20 %, contre six tranches et 37 % actuellement, ce qui exonérerait la grande majorité des salariés dont le salaire brut est inférieur à 15 000 dirhams. Le parti vise une couverture sanitaire universelle, la mise à niveau de 1 600 centres de santé de proximité et de 90 hôpitaux régionaux et provinciaux, ainsi qu’une baisse du taux de chômage de 10,8 % à 7 %. Il ambitionne également la création d’au moins un million d’emplois nets, répartis notamment entre l’industrie, l’agriculture, le sport, les services à forte valeur ajoutée et les activités liées à l’organisation de la Coupe du Monde 2030. Le programme prévoit par ailleurs de porter le taux d’activité économique des femmes de 17,5 % à 21,2 %, de faire passer par la loi la part des PME dans les marchés publics à 15 % de leur valeur, de développer les énergies renouvelables jusqu’à 52 % de la consommation électrique, de construire six stations de dessalement d’eau de mer, de réaliser près de 400 ouvrages hydrauliques et de former 5 000 formateurs en intelligence artificielle. Concernant la jeunesse, le PAM entend porter la capacité d’accueil de la formation professionnelle à 150 000 voire 200 000 bénéficiaires par an, inscrire 300 000 jeunes chaque année sur la plateforme « Massar Intégration » et accompagner environ 500 000 premières expériences professionnelles sur cinq ans.
Le PAM chiffre le coût global de son programme à 350 milliards de dirhams sur cinq ans, entre 2027 et 2031, soit environ 70 milliards par an. Cette enveloppe se répartit entre 150 milliards pour le Pacte du pouvoir d’achat, 100 milliards pour le Pacte de la citoyenneté, 50 milliards pour le Pacte de l’intégration des jeunes et 50 milliards pour le Pacte de la souveraineté stratégique. Le Programme de développement territorial intégré est présenté comme une composante des financements additionnels mobilisés en faveur de ces quatre pactes, à hauteur de 130 milliards de dirhams sur la période. Pour financer cet effort, le parti mise sur trois sources principales : l’effet additionnel induit par la croissance économique, estimé à environ 300 milliards de dirhams, la contribution des collectivités territoriales à travers le fonds affecté au produit de la TVA, à hauteur d’environ 40 milliards, et le transfert de ressources combiné à une meilleure efficience budgétaire, pour 10 milliards de dirhams.
Le dossier identifie enfin sept leviers censés conditionner la réussite du programme : adapter la formation aux besoins des secteurs productifs, mobiliser le foncier économique et développer les zones industrielles, élargir les instruments de financement, de garantie et de capital-investissement, encourager l’innovation et la recherche appliquée, conditionner le soutien public à l’efficacité énergétique et à la rationalisation de l’usage de l’eau, renforcer la concurrence, la transparence et l’intégration dans l’économie structurée, et activer la régionalisation économique à travers des contrats-programmes régionaux.
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