lundi , 31 août 2026

Nouvelles fuites : comment Hicham Jerando aurait impliqué des proches dans le blanchiment de fonds issus d’extorsions

Une nouvelle série d’enregistrements attribués à un groupe se présentant sous le nom d’« Atlas Hackers » relance l’affaire Hicham Jerando, le créateur de contenu marocain réfugié au Canada et visé par plusieurs procédures judiciaires. Ce douzième volet de fuites décrit, selon les documents diffusés, un système de transferts d’argent impliquant un membre de sa belle-famille installé en Turquie.

Qui est Hicham Jerando

Hicham Jerando, connu sur les réseaux sociaux sous ce pseudonyme, s’est bâti une audience en se présentant comme un lanceur d’alerte dénonçant la corruption au Maroc. Sa situation judiciaire est cependant chargée et, elle, bien établie : recherché par la justice marocaine dans des dossiers de fraude et d’escroquerie, il réside au Canada, où plusieurs tribunaux l’ont condamné pour diffamation à l’encontre de responsables marocains, notamment un magistrat et un responsable sécuritaire, avec des dommages et intérêts cumulés dépassant les 150 000 dollars canadiens selon les décisions rendues publiques, ainsi qu’une peine de prison assortie de travaux d’intérêt général dans l’une des affaires.

Le nouveau lot de documents, mis en ligne par le groupe Atlas Hackers, contiendrait des échanges audio entre Jerando et un jeune homme prénommé Hamza El Asri, né en 2001 et résidant en Turquie, présenté comme le neveu de son épouse. Selon ces enregistrements, Jerando lui aurait demandé de recevoir et de faire transiter, via des comptes bancaires et des séjours dans plusieurs hôtels turcs, des sommes d’argent présentées comme provenant d’opérations d’extorsion visant notamment des personnes liées au trafic de stupéfiants. Les fuites évoquent également un autre proche, un neveu déjà condamné au Maroc pour avoir facilité les activités de son oncle — un fait, celui-là, confirmé par une décision de justice antérieure.

Il convient de le souligner : l’authenticité de ces nouveaux enregistrements n’a pas été établie de manière indépendante. Les fuites proviennent d’un groupe de piratage informatique dont les méthodes et les motivations restent elles-mêmes floues, et le pôle DGSN-DGST a par ailleurs démenti toute intrusion dans ses propres systèmes d’information dans le cadre de cette série de publications. Ce que rapportent les enregistrements reste donc, à ce stade, une accusation relayée par une source non vérifiable, et non un fait judiciairement établi.

Cette publication s’inscrit dans une série entamée depuis plusieurs semaines : les épisodes précédents des fuites Atlas Hackers avaient déjà mis en cause Jerando dans des affaires distinctes, notamment des liens allégués avec un baron présumé du trafic de drogue actuellement détenu au Maroc. Une partie de la presse marocaine, dont le ton est souvent ouvertement hostile à Jerando, a largement repris ces publications, parfois sans grande distance critique à l’égard de leur source.

Ce qui reste solide dans ce dossier, ce sont les décisions de justice déjà rendues, au Canada comme au Maroc. Ce qui reste à établir, ce sont les faits nouveaux avancés par des fuites dont l’origine et la fiabilité n’ont, pour l’heure, fait l’objet d’aucune vérification indépendante.

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