vendredi , 6 février 2026

Une tentative d’incursion de l’armée algérienne avortée : Quand la provocation devient méthode de gouvernance

Encore une tentative vaine mais révélatrice de l’impuissance du régime algérien. La scène s’est répétée mercredi dernier dans la paisible région de Ksar Ich, à Figuig. Des militaires algériens franchissant la frontière, arrachant les clôtures des agriculteurs marocains, déplaçant des pierres pour redessiner arbitrairement une ligne qu’ils voudraient imposer par la force. Une chorégraphie désormais familière, qui rappelle amèrement les événements d’El Arja en 2021.

Mais au-delà du geste immédiat, c’est toute une logique politique qui se dévoile : celle d’un régime en quête perpétuelle de diversion, utilisant la tension frontalière comme soupape à ses contradictions internes. Ce qui frappe dans ces incidents répétés, c’est leur timing. À quelques jours du Ramadan, période traditionnellement consacrée au recueillement et à la fraternité, Alger choisit l’escalade. Hasard du calendrier ou calcul cynique ? La question mérite d’être posée.

Chaque fois que la pression sociale monte au sud de la Méditerranée, chaque fois que les revendications citoyennes se font plus pressantes, le pouvoir algérien ressort son vieil arsenal nationaliste. La frontière avec le Maroc devient alors le théâtre d’opérations destinées avant tout à la consommation interne.

Plus grave encore que l’incident lui-même : le non-respect systématique des traités bilatéraux. Le traité de 1972, censé régir les relations frontalières entre les deux pays, est régulièrement bafoué. Qu’il s’agisse du tracé exact des frontières ou de l’exploitation conjointe du gisement de Gara Djebilet, les accords signés semblent n’avoir aucune valeur aux yeux d’Alger.

Cette désinvolture vis-à-vis du droit international n’est pas sans conséquences. Elle entretient un climat de méfiance permanent, hypothèque toute possibilité de coopération régionale et condamne les populations frontalières à vivre dans l’insécurité.

L’accumulation des drames ne peut laisser indifférent. Il y a une semaine à peine, trois Marocains perdaient la vie près de Béchar, victimes de tirs de l’armée algérienne. Des vies fauchées, des familles endeuillées, pour quelle raison exactement ? Pour satisfaire quelle logique absurde de militarisation à outrance des relations de voisinage ?

Ces morts s’ajoutent à une longue liste de victimes collatérales d’une politique d’hostilité qui ne dit pas son nom : fermeture de l’espace aérien, rupture des relations diplomatiques, guerre économique larvée. Autant de décisions unilatérales qui pénalisent d’abord et avant tout les populations civiles des deux côtés de la frontière.

Face à ces provocations répétées, la réaction marocaine demeure mesurée. Fermeté sans excès, défense du territoire sans bellicisme.

Le Royaume refuse de tomber dans le piège de l’escalade militaire. Cette sagesse stratégique témoigne d’une maturité politique certaine, mais elle ne doit pas être confondue avec de la faiblesse. Le message est clair : le Maroc défendra son intégrité territoriale, mais n’offrera pas à Alger le conflit qu’il semble rechercher pour justifier son propre verrouillage interne.

L’ironie tragique de la situation n’échappe à personne : alors que le monde se régionalise, que les blocs se constituent et se renforcent, le Maghreb s’enfonce dans une logique d’isolement réciproque dont les seuls bénéficiaires sont les pouvoirs autoritaires en quête de légitimité. Tant que la politique restera otage des logiques sécuritaires, tant que la diversion nationaliste demeurera l’ultima ratio des pouvoirs contestés, le Maghreb restera condamné à ce dialogue de sourds.

Les agriculteurs de Ksar Ich, dont les vergers ont été piétinés mercredi, ne demandent qu’à cultiver leurs terres en paix. Cette aspiration simple, légitime, humaine, devrait suffire à rappeler les dirigeants à la raison. Mais la raison, justement, semble être devenue la première victime de ces provocations algériennes qui ne veulent pas dire son nom.

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