Samedi 24 janvier 2026, le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger. La raison ? Un documentaire diffusé sur France 2 que les autorités algériennes qualifient de « tissu de contre-vérités profondément offensantes et inutilement provocatrices ». Cette énième crise diplomatique avec Paris révèle, une fois de plus, l’hypersensibilité maladive d’un régime qui ne supporte aucune critique et qui préfère l’escalade à l’introspection.
Pour quiconque observe la scène diplomatique algérienne, cette convocation n’est qu’un épisode supplémentaire d’une longue série. En mai 2020, Alger rappelait déjà son ambassadeur en France après la diffusion de documentaires sur le mouvement de contestation « Hirak ». En décembre 2024, l’ambassadeur français était convoqué pour des accusations selon lesquelles la DGSE chercherait à « déstabiliser » l’Algérie. En août 2025, une nouvelle convocation pour une question de visas diplomatiques.
Le schéma est toujours identique : un documentaire, un reportage, une déclaration qui déplaît, et voilà le pouvoir algérien qui crie au scandale, convoque les diplomates, menace de « suites graves » et accuse la France de tous les maux. Cette réaction pavlovienne en dit long sur la nature d’un régime qui vit dans la hantise permanente de voir ses méthodes exposées au grand jour.
Ce qui est particulièrement troublant dans cette dernière convocation, c’est l’accusation portée contre l’ambassadeur de France lui-même. Le ministère algérien dénonce la contribution de l’ambassade et de l’ambassadeur personnellement à l’animation de cette campagne médiatique, une implication qui renforcerait le sentiment que la production a bénéficié d’une onction officielle des services français.
Pour Alger, un ambassadeur français qui participe à un documentaire journalistique, ou même qui s’exprime sur les relations bilatérales, serait coupable de « menées anti-algériennes ». Cette vision totalitaire, où tout ce qui ne fait pas l’éloge du régime est considéré comme une agression, est caractéristique d’un pouvoir qui confond critique légitime et hostilité.
Le communiqué algérien qualifie le documentaire de France 2 de production « sous tutelle publique », comme si une chaîne de service public en France fonctionnait selon les mêmes principes qu’en Algérie. Cette incompréhension fondamentale révèle l’abîme qui sépare une démocratie, même imparfaite, d’un régime autoritaire.
En France, les médias de service public jouissent d’une indépendance éditoriale garantie par la loi. Les journalistes peuvent enquêter, critiquer, questionner sans que l’État ne leur dicte leur ligne. Pour le pouvoir algérien, habitué à contrôler strictement les médias nationaux et à museler toute voix discordante, cette liberté est tout simplement incompréhensible, voire suspecte.
Selon le communiqué, l’agissement de France 2 constitue une nouvelle étape dans l’escalade de menées anti-algériennes, entretenues par certains milieux officiels français dans l’objectif de maintenir les relations algéro-françaises dans un état de crise permanent.
Voilà le grand classique de la rhétorique du régime algérien : se présenter comme la victime éternelle de complots extérieurs. La France aurait intérêt à maintenir la crise ? C’est oublier un peu vite qui multiplie les provocations, qui arrête des écrivains binationaux, qui condamne des journalistes français, et qui entretient délibérément les tensions avec le Maroc et manœuvre contre son intégrité territoriale.
Car c’est bien là le nœud du problème : confronté à une jeunesse qui fuit le pays en masse, à une économie dépendante des hydrocarbures, à des contestations sociales récurrentes, le pouvoir algérien a besoin d’un bouc émissaire extérieur. La France, ancienne puissance coloniale, joue parfaitement ce rôle. En agitant le spectre de « l’ingérence française », le régime détourne l’attention de ses propres échecs.
Le communiqué se termine par cette formule devenue habituelle : l’Algérie se réserve le droit de donner toutes les suites que commande la gravité de ces agissements. Des menaces vagues, jamais précisées, qui laissent planer le doute. Que va faire Alger ? Expulser des diplomates ? Rompre les relations ? Arrêter d’autres binationaux ?
Cette politique de l’intimidation permanente vise autant la France que les Algériens eux-mêmes, notamment la diaspora. Le message est clair : celui qui critique l’Algérie, même depuis l’étranger, même avec un passeport français, reste sous la surveillance et la menace potentielle du régime.
Pendant que l’Algérie multiplie les crises diplomatiques avec la France, le Maroc, malgré les tentatives de déstabilisation algériennes, voit sa position internationale se renforcer sur la question du Sahara. L’Algérie s’enferme dans un isolement dont elle est la première responsable.
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