Inscrire la durabilité alimentaire dans les stratégies sectorielles existantes se veut la clé d’une transformation réussie, a souligné, samedi à Meknès, le secrétaire général du département de l’Agriculture au ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Redouane Arrach.
« Plutôt que de multiplier les structures, c’est en mobilisant les stratégies sectorielles existantes comme leviers d’une transformation cohérente et coordonnée que le Maroc parviendra à bâtir un système agro-alimentaire véritablement durable », a dit M. Arrach lors d’un panel sous le thème « Vers une transformation et une durabilité des systèmes agro-alimentaires au Maroc », organisé dans le cadre de la 18ème édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM).
Et de rappeler que le Maroc a engagé, avec l’appui de la FAO et dans le cadre du programme onusien de transformation des systèmes alimentaires, une série de dialogues régionaux ayant permis d’identifier trois grands types de systèmes alimentaires, à savoir traditionnel, intermédiaire et moderne.
Ces concertations ont débouché sur la mise en place d’un comité interministériel de pilotage et d’une feuille de route articulée autour de la consommation alimentaire, des circuits de distribution, de la nutrition, de la protection sociale et de la gouvernance, a-t-il relevé.
Pour sa part, le secrétaire général du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), Younes Benakki, a centré son intervention sur la lutte contre les pertes et gaspillages alimentaires (PGA), qu’il a présentée comme un levier central de durabilité et d’efficience du système agro-alimentaire.
S’appuyant sur l’indice de gaspillage alimentaire du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) 2024, il a indiqué que les ménages marocains auraient jeté 4,2 millions de tonnes de nourriture par an, soit 113 kg par habitant, soulignant que réduire ce gaspillage constitue un gisement considérable pour renforcer la disponibilité alimentaire et préserver les ressources naturelles, notamment les plus de 1,6 milliard de mètres cubes d’eau mobilisés chaque année pour produire des denrées non consommées.
Parallèlement, M. Benakki a présenté les grandes lignes de l’avis du CESE intitulé « Pertes et gaspillage alimentaires au Maroc : comprendre l’ampleur et les enjeux pour agir efficacement », appelant à l’élaboration d’une stratégie nationale d’alimentation durable assortie d’un plan d’action ciblé.
Il a ainsi cité des recommandations phares dont l’adoption d’une loi anti-gaspillage facilitant la redistribution des invendus, la clarification des dates de péremption, la création d’un observatoire national des PGA, et le développement d’infrastructures de stockage et de transport adaptées dans les zones à fort potentiel agricole.
Il a également plaidé pour un mécanisme de gouvernance fédérant ministères, secteur privé et société civile, ainsi que pour l’intégration des objectifs de réduction des PGA dans l’ensemble des politiques publiques sectorielles, notamment au sein des services de restauration collective des hôpitaux, établissements scolaires et centres sociaux, dans le cadre d’un pacte d’exemplarité de l’administration.
Le directeur de la Stratégie et des Statistiques au ministère de l’Agriculture, Abdeslam Ziyad, a, pour sa part, rappelé le contexte de « polycrises » successives depuis 2019 (chocs climatiques, pandémie de Covid-19, conflit en Ukraine, blocage du Détroit d’Ormuz depuis mars 2026), qui ont mis les systèmes alimentaires mondiaux à rude épreuve, avant de souligner les atouts structurels dont dispose le Maroc pour y faire face.
Il a notamment mis en avant la planification agricole anticipative engagée depuis 2008, qui a permis de réaliser des avancées importantes en matière de modernisation et d’amélioration de la production.
En outre, M. Ziyad a insisté sur la stratégie énergétique nationale, qui vise à porter la part des énergies renouvelables à 52% dans le mix énergétique à l’horizon 2030, un levier déterminant pour réduire la dépendance aux intrants importés et maîtriser les coûts de production agricole, notant que l’énergie demeure le facteur structurant du système alimentaire, toute variation de son coût se répercutant en cascade sur le transport, les engrais et les prix à la consommation.
Organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le 18e SIAM se poursuit à Meknès jusqu’au 28 avril sous le thème « Durabilité de la production animale et souveraineté alimentaire ».
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