La 55è édition du Festival National des Arts Populaires (FNAP) se tiendra du 2 au 6 juillet 2026 à Marrakech, sous le thème « Les arts populaires, trésors d’hier et d’aujourd’hui ».
Organisé par l’Association Le Grand Atlas, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et avec le concours de la Wilaya de la région Marrakech-Safi, du Conseil préfectoral de Marrakech, du Conseil de la région Marrakech Safi, du Conseil de la Ville de Marrakech et de la Commune du Mechouar Kasbah, le FNAP, le plus ancien festival du Royaume, poursuit ainsi une mission demeurée intacte depuis sa création en 1960, à savoir sauvegarder, honorer et transmettre un patrimoine oral et immatériel que ni manuscrit ni monument ne sauraient conserver, et qui ne survit que par la voix, le geste et la mémoire de ceux dédit qui le portent, indique un communiqué des organisateurs.
Le thème de cette édition dédit de réduire la tradition à une relique. En réunissant « hier » et « aujourd’hui », le Festival affirme que ces expressions traversent les générations tout en se réinventant : un Ahaidouss dansé ce soir est aussi ancien que les montagnes de l’Atlas et aussi neuf que le souffle qui l’anime.
Marrakech, dont la place Jemaâ El-Fna est classée par l’UNESCO chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité, offre à cette célébration le théâtre vivant qu’aucune autre ville ne pourrait lui donner.
Après plusieurs années d’itinérance, le spectacle principal retrouve le Palais El Badiâ pour la deuxième fois, écrin du 16è siècle édifié sous le règne d’Ahmed El Mansour, et berceau historique du Festival, relève la même source.
Ce retour scelle une forme de réconciliation entre un lieu longtemps silencieux et le peuple d’artistes qui en avait fait résonner les murs. La pierre ocre, le ciel ouvert et l’écho des tambours contre les façades transforment chaque représentation en cérémonie.
Cette édition s’autorise deux nouveautés sans précédent dans l’histoire du Festival. Le premier est un hommage rendu à l’Aïta au féminin, à travers Zina Daoudia. L’Aïta Née dans les plaines et portée par des voix de femmes qui y ont déposé leur révolte, leur tendresse et leur liberté.
Cet art compte parmi les paroles les plus anciennes du Maroc. Honorer cette tradition à travers une artiste de cette envergure, c’est reconnaître que la beauté populaire au féminin n’en est pas l’ornement, mais la source.
Le second est l’ouverture d’un nouveau lieu de représentation : la Medersa Ben Youssef. Cet ancien foyer du savoir, dont les zelliges et les bois sculptés gardent la mémoire de siècles d’enseignement, accueillera pour la première fois les arts du Festival.
La voix de Nabila Maan y épousera la délicatesse de ces murs, dans une rencontre où l’authenticité du chant répond à la finesse du patrimoine bâti. D’autres artistes l’y rejoindront pour célébrer une magie qui s’adresse à l’âme marocaine elle-même, dans toute sa pudeur et sa splendeur.
« Cinquante-cinq éditions, c’est une fidélité qui dépasse de loin nos personnes », a affirmé M. Mohamed Knidiri, président de l’Association Le Grand Atlas, cité dans le communiqué.
« Cette ancienneté n’est pas un trophée, mais une responsabilité. Si la magie opère encore, c’est parce que nous n’avons jamais traité ces arts comme un souvenir à conserver, mais comme un mouvement à entretenir. Une nation qui danse est une nation qui se souvient d’être vivante », a-t-il ajouté.
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