L’Espagne et Maroc ont acté, ce jeudi 30 juillet 2026, une nouvelle étape dans la gestion de la crise migratoire qui secoue la ville autonome de Sebta depuis plusieurs jours, marquée notamment par le franchissement massif de la clôture au niveau de l’épi de Tarajal. Les deux gouvernements se sont engagés à revoir et appliquer, dans les plus brefs délais, les mécanismes permettant le rapatriement de l’ensemble des personnes ayant pénétré illégalement sur le territoire de l’enclave.
Dans un communiqué diffusé ce jour, le ministère espagnol de l’Intérieur a tenu à souligner la coopération exemplaire avec le Royaume, aussi bien sur le dossier migratoire que sur l’ensemble des autres dossiers bilatéraux. Le ministre Fernando Grande-Marlaska a personnellement adressé ses remerciements aux autorités marocaines pour la mobilisation de leurs forces de sécurité, qui seraient parvenues à faire échouer plusieurs milliers de tentatives de franchissement irrégulier ces derniers jours.
Le responsable espagnol a par ailleurs pointé du doigt les réseaux de trafic d’êtres humains, accusés de chercher à tirer profit d’une récente décision de justice interdisant les remises immédiates des personnes ayant rejoint les côtes de Sebta et Melilla à la nage, pour inciter de jeunes candidats à l’émigration à tenter le passage.
Selon des sources proches du dossier, M. Grande-Marlaska a maintenu des échanges réguliers avec son homologue marocain, Abdelouafi Laftit, dans le cadre du suivi de cette crise. Le ministre espagnol devait par ailleurs se rendre ce vendredi sur place, pour évaluer directement l’évolution de la situation et superviser la mise en œuvre des mesures convenues entre les deux pays.
De son côté, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a fait état de la préparation de dispositions supplémentaires destinées à rétablir rapidement une situation normale dans la ville, insistant sur l’implication du gouvernement central aux côtés des autorités locales et sur la coordination engagée avec Rabat et les organismes internationaux concernés par la gestion des flux migratoires.
Le gouvernement espagnol a par ailleurs tenu à dissocier cette recrudescence migratoire de la visite effectuée par Pedro Sánchez en Algérie le 20 juillet dernier. Des sources du ministère espagnol des Affaires étrangères, dirigé par José Manuel Albares, ont affirmé que la relation avec le Royaume demeure excellente et n’est nullement affectée par les relations entretenues par ailleurs avec Alger, insistant sur le caractère « très intense » de la coopération bilatérale, migratoire comme sur d’autres dossiers.
Cet épisode confirme, une fois de plus, le rôle central que joue la coopération sécuritaire maroco-espagnole dans la gestion des flux migratoires aux frontières nord du Royaume, un partenariat que les autorités des deux rives présentent comme un pilier de leur relation bilatérale, au-delà des tensions ponctuelles que peut connaître la région.
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