L’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des organisations internationales à Vienne, Azzeddine Farhane a souligné lundi l’importance qu’accorde le Royaume à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, plaidant pour une architecture sécuritaire internationale plus coopérative et centrée sur l’humain.
« Sous la Conduite Éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc a développé au cours des deux dernières décennies une stratégie antiterroriste globale et tournée vers l’avenir, qui a acquis une reconnaissance internationale pour son efficacité et son équilibre », a indiqué M. Farhane dans une allocution au nom du Royaume à l’occasion de la 35e session de la Commission des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale (CCPCJ), qui se tient dans la capitale autrichienne, a indiqué l’agence de presse MAP.
Cette stratégie repose, selon le diplomate, sur une approche intégrée combinant des mesures sécuritaires robustes, des politiques de développement humain, des réformes institutionnelles ainsi que la promotion des valeurs de modération, de tolérance et de coexistence, a souligné la même source.
« Guidé par son engagement constant en faveur du multilatéralisme, le Maroc œuvre activement à la construction d’une architecture internationale de sécurité plus coopérative et davantage centrée sur l’humain », a poursuivi M. Farhane, rappelant que le Maroc défend une approche fondée sur la prévention, la solidarité, la résilience et la coopération internationale.
Il a rappelé que le Maroc accueille à Rabat le Bureau des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme et la formation en Afrique, devenu une plateforme régionale importante pour le renforcement des capacités, la prévention et la coopération à l’échelle du continent.
M. Farhane a également cité l’organisation à Marrakech de la 93e Assemblée générale d’Interpol en 2025, qui a contribué à renforcer la coopération entre les services chargés de l’application de la loi à travers le monde.
Il a, par ailleurs, rappelé la tenue à Rabat de la Conférence internationale sur les victimes africaines du terrorisme, illustrant l’attachement du Maroc à placer les victimes au cœur de la réflexion internationale, ainsi que l’organisation de la Réunion préparatoire régionale de l’Asie occidentale au quinzième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale.
Dans le même esprit, le Maroc organisera, en partenariat avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le deuxième Forum international des procureurs chargés de lutter contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants, prévu du 9 au 11 juin à Rabat.
Au niveau national, le diplomate a souligné que le Maroc poursuit la modernisation de son système de justice pénale conformément aux standards internationaux et aux principes des droits de l’Homme, notamment à travers le nouveau Code pénal qui renforce les mécanismes de lutte contre la criminalité transnationale organisée en conformité avec la Convention de Palerme.
Il a mis en avant les réformes introduisant des peines alternatives, telles que les travaux d’intérêt général, la surveillance électronique et les mécanismes de justice restaurative, reflétant une conception de la justice axée sur la responsabilisation, la réinsertion et la prévention de la récidive.
Abordant la question migratoire, M. Farhane a rappelé que le Royaume poursuit la mise en œuvre de sa Stratégie nationale d’immigration et d’asile fondée sur une approche équilibrée et humaniste garantissant l’accès des migrants aux services de santé, à l’éducation, à la formation professionnelle et au marché du travail.
Il a, toutefois, mis en garde contre les dangers que représentent les réseaux de trafic de migrants et de traite des êtres humains, indiquant qu’en 2025, les autorités marocaines ont démantelé 105 réseaux criminels impliqués dans ces activités, arrêté 415 passeurs, saisi 684 documents de voyage frauduleux et empêché plus de 34.000 tentatives de migration irrégulière.
S’agissant de la lutte contre le terrorisme, l’ambassadeur a rappelé que le Maroc a développé au cours des deux dernières décennies une stratégie multidimensionnelle associant vigilance sécuritaire, inclusion socioéconomique, réforme institutionnelle et promotion des valeurs de modération et de tolérance.
La convergence croissante entre terrorisme, criminalité organisée, cybercriminalité, réseaux de trafic, flux financiers illicites et trafic d’armes démontre le caractère interconnecté des menaces contemporaines, a-t-il dit.
Face à ces défis, le Maroc « appelle à un engagement multilatéral renouvelé fondé sur la solidarité, la confiance mutuelle et la responsabilité partagée », a noté le diplomate, soulignant le ferme engagement du Royaume à « contribuer activement à l’émergence de systèmes de justice pénale qui soient non seulement efficaces et résilients, mais aussi humains, inclusifs et capables de servir d’instruments de paix, de cohésion sociale et de progrès humain ».
À l’occasion de cette session, qui se tient du 1 au 5 juin, le Maroc organise un événement parallèle consacré au « modèle marocain de déradicalisation : deux décennies de réconciliation, de réhabilitation et de prévention », dans le cadre de son engagement à partager son expérience et à promouvoir les approches préventives à l’échelle internationale.
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