Le secret a une durée de vie limitée. Une enquête publiée par le magazine spécialisé Defense News vient de mettre en lumière ce qu’Alger s’efforçait de dissimuler : en l’espace d’une seule année, plus de 160 rotations aériennes ont relié des sites militaires russes à des bases algériennes. Les avions volaient dans l’ombre : aucun signal identifiable, des routes délibérément brouillées, comme si les cargaisons devaient rester invisibles.
La marchandise, elle, commence à se deviner. Le régime algérien serait en passe de recevoir des chasseurs de dernière génération, les Sukhoi Su-57 et Su-35, en complément d’une flotte déjà largement russe. Un réarmement massif, financé par un effort budgétaire colossal, l’équivalent du quart de toutes les dépenses de l’État algérien en 2025.
Mais Alger ne joue pas que pour lui-même. Des liaisons identifiées vers la Guinée et le Niger confirment un rôle de plateforme logistique au service de la projection russe en Afrique sahélienne. Le régime algérien, allié discret de Moscou, devient courroie de transmission.
Washington a pris note. Dès février, le responsable du département d’État Roberto Palladino jugeait ces acquisitions « préoccupantes » devant le Sénat, évoquant explicitement le CAATSA — la loi américaine autorisant des sanctions contre quiconque soutient l’industrie de défense russe. Marco Rubio avait enfoncé le clou.
Le calcul d’Alger, jusqu’ici, consistait à jouer sur plusieurs tableaux sans jamais choisir son camp. Ce temps-là semble révolu.
Machahid24.com L'info Du Grand Maghreb