Maâti Monjib, bien connu pour ses provocations médiatiques, ressort à nouveau son arme favorite : la menace d’une grève de la faim. Tel un rituel devenu prévisible, il tente d’utiliser cette stratégie comme levier de pression sur le système judiciaire marocain, espérant ainsi obtenir la levée de son interdiction de quitter le territoire. Mais cette année, il a décalé son « spectacle annuel », déclenchant son mouvement plusieurs mois avant son habituelle échéance automnale.
Pourquoi cet empressement soudain ? Officiellement, Monjib avance une invitation d’une université française pour justifier son timing. Officieusement, beaucoup y voient une manœuvre opportuniste destinée à capitaliser sur l’affaire très médiatisée de l’arrestation en Algérie de l’écrivain Boualem Sansal. En se présentant comme une victime parallèle, il cherche visiblement à attirer l’attention et à émouvoir ses cercles de soutien en France. Mais cette comparaison ne passe pas : d’un côté un écrivain internationalement reconnu, de l’autre, un académicien dont la notoriété repose davantage sur des polémiques que sur des accomplissements intellectuels solides.
Ses proches, quant à eux, ne manquent pas de surenchérir, n’hésitant pas à glorifier Monjib, prétendant même qu’il surpasserait Sansal en valeur intellectuelle. Une affirmation absurde, balayée par ceux qui rappellent que Monjib ne peut revendiquer ni œuvre littéraire significative ni reconnaissance académique internationale.
À cela s’ajoute une confusion juridique soigneusement entretenue par Monjib lui-même. Il cherche à faire croire que la grâce royale dont il a bénéficié pour une affaire distincte justifierait la levée de son interdiction de voyager dans une affaire de blanchiment d’argent en cours. Une manipulation flagrante, dénoncée par les experts juridiques, qui rappellent que la grâce royale n’a aucun effet rétroactif sur des décisions judiciaires en suspens.
Cette nouvelle mise en scène de Maâti Monjib, entre calendrier opportun et revendications juridiques fallacieuses, suscite des interrogations légitimes. En agitant l’étendard de l’oppression, Monjib cherche-t-il réellement la justice ou se livre-t-il à une manœuvre médiatique pour détourner l’attention de ses démêlés judiciaires ? Une chose est sûre, son récit victimaire commence à lasser autant qu’il divise.