lundi , 18 mai 2026

Finances publiques : les recettes fiscales en hausse de 10,4 MMDH à fin avril 2026

L’exécution de la loi de finances 2026 affiche une dynamique soutenue des recettes fiscales, en progression de 10,4 milliards de dirhams à fin avril, a indiqué le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, lors d’une intervention à la Chambre des conseillers.

À cette date, le taux de réalisation des recettes a atteint 36,3% des prévisions annuelles. Cette performance est tirée principalement par l’impôt sur les sociétés (IS), en hausse de 9,1 milliards de dirhams, soit une progression de 25% par rapport à la même période de 2025.

Les autres composantes fiscales affichent également des évolutions positives. L’impôt sur le revenu (IR) a progressé de 1 milliard de dirhams (+4,8%), tandis que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a enregistré une hausse de 1,3 milliard (+4%), avec un taux de réalisation de 49%. Les droits d’enregistrement et de timbre ont, quant à eux, augmenté de 1 milliard de dirhams (+11,4%), alors que la taxe intérieure de consommation (TIC) a généré 854 millions de dirhams supplémentaires, reflétant une amélioration de la consommation intérieure estimée à 7,4%.

Du côté des dépenses, le ministre a assuré que leur exécution reste globalement conforme aux prévisions, malgré les mesures exceptionnelles prises pour amortir les effets de la conjoncture internationale. Ainsi, la compensation du gaz butane mobilise environ 600 millions de dirhams par mois, auxquels s’ajoutent 650 millions pour le soutien au transport et 300 millions pour la stabilisation des tarifs de l’électricité, dont le coût annuel pourrait atteindre 3 milliards de dirhams.

Fouzi Lekjaa a, par ailleurs, relativisé l’impact fiscal de la hausse des prix énergétiques, précisant que les recettes supplémentaires issues de la TVA ne devraient pas dépasser 3 milliards de dirhams sur l’ensemble de l’année, la TIC étant calculée sur les volumes et non sur les prix. À titre d’illustration, la TVA ne représente que 0,46 dirham dans le prix du litre de gasoil, contre un surcoût moyen de 3,7 dirhams imputable à la crise.

Sur le plan macroéconomique, l’inflation est restée maîtrisée, à des niveaux inférieurs à 1% au premier trimestre, atteignant 0,9% en mars. Le gouvernement table par ailleurs sur une réduction du déficit budgétaire à 3% du PIB en 2026, avec une dette publique appelée à se stabiliser autour de 66% du PIB.

Cette dynamique s’inscrit dans une tendance structurelle d’amélioration des finances publiques, les recettes ordinaires étant passées de 256 milliards de dirhams en 2021 à 424 milliards en 2025, soit une croissance moyenne annuelle de 13,5%.

Le ministre a également mis en avant la reconnaissance internationale de la solidité des fondamentaux économiques du Royaume. Le Fonds monétaire international a confirmé l’éligibilité du Maroc à sa ligne de crédit modulable, tandis que Standard & Poor’s a maintenu la note du pays en catégorie « investment grade » avec perspective stable, et que Moody’s a relevé la perspective de la note souveraine à « positive ».

Enfin, le Maroc a amélioré son score en matière de transparence budgétaire dans le cadre de l’initiative “Open Budget 2025”, confirmant les efforts conjoints des institutions pour renforcer la gouvernance des finances publiques.

 

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