Des experts, responsables institutionnels et acteurs de la société civile se sont réunis, vendredi à Marrakech, pour débattre de la mise en œuvre de la nouvelle loi relative à la protection du patrimoine au Maroc ainsi que du rôle de la société civile dans ce cadre.
Organisé par l’Association Al Muniya de Marrakech pour la revivification et la préservation du patrimoine du Maroc, en coordination avec le Collectif Maroc Mémoire, dans le cadre de la 14ème édition de la Zahria de Marrakech (Moussem de la distillation de la fleur d’oranger), ce colloque de deux jours vise à ouvrir un espace de réflexion autour de la loi n°33-22 relative à la protection du patrimoine, récemment adoptée, « qui constitue une avancée majeure dans la modernisation du cadre juridique national dédié à la sauvegarde du patrimoine matériel, immatériel, naturel et archéologique », a indiqué l’agence de presse MAP.
S’exprimant à cette occasion, Abdessalam Amarir, chef de la Division de l’Inventaire et de la Documentation du Patrimoine au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication (Département de la Culture), a souligné que cette réforme s’inscrit dans la dynamique de transformation que connaît le Royaume, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, relevant que cette loi traduit la volonté du Maroc d’harmoniser son dispositif législatif avec les engagements internationaux, notamment les conventions de l’UNESCO relatives à la protection et à la valorisation du patrimoine culturel et naturel, a précisé la même source.
M. Amarir a également indiqué que ce nouveau texte marque un tournant important en élargissant la notion de patrimoine, qui ne se limite plus aux monuments historiques, mais englobe désormais le patrimoine immatériel, naturel et géologique, reflétant une approche globale et contemporaine.
De son côté, Abdelalem Dinia, coordinateur national du collectif Maroc Mémoire, a mis en avant l’importance de l’approche participative consacrée par la nouvelle loi, notant que la société civile est désormais reconnue comme un acteur à part entière dans les politiques de protection et de valorisation du patrimoine.
Il a ajouté que cette orientation s’inscrit dans la continuité des principes constitutionnels de démocratie participative, et en phase avec les recommandations internationales, soulignant l’importance de l’implication des populations locales dans la préservation du patrimoine.
Les participants ont, par ailleurs, souligné que la nouvelle loi introduit des mécanismes innovants de gestion des sites historiques et des médinas, fondés sur des plans de gestion intégrés adoptant une vision stratégique et inclusive associant l’ensemble des parties prenantes.
Cette rencontre constitue également une occasion de partager les expériences de terrain des associations œuvrant dans le domaine du patrimoine, et d’explorer les moyens de renforcer les synergies entre institutions publiques, collectivités territoriales, société civile et secteur privé.
Les débats portent aussi sur les défis liés à l’élaboration des décrets d’application de cette loi, avec pour objectif de formuler des recommandations à même de garantir son effectivité et d’optimiser son impact sur la préservation du patrimoine national et la valorisation de la mémoire civilisationnelle du Royaume.
Au-delà de l’examen du nouveau cadre juridique, ce colloque ambitionne d’ouvrir une réflexion plus large sur la relation entre la société et le patrimoine, en vue de promouvoir une responsabilité collective fondée sur la coopération, la durabilité et la valorisation du patrimoine comme levier de développement culturel et économique.
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